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À Angoulême, ça cartoon

Territoires en mouvement,

Xavier Bonnefont, Maire d’Angoulême

 

 

Sur le bord de la Charente, Angoulême se réinvente depuis près d’un demi-siècle une identité culturelle sous le signe de la bande dessinée et de l’image. Désertée par les papeteries qui ont fait sa renommée aux siècles passés, la ville se reconstruit sur elle-même pour mieux accueillir les studios de production audiovisuelle, d’animation et de jeux vidéo. Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême et président de la communauté d’agglomération du Grand Angoulême, nous a expliqué comment le dynamisme de la filière rejaillissait aujourd’hui sur l’ensemble du territoire.

Avec seulement 43 000 habitants, la ville d’Angoulême est connue dans le monde entier, que lui vaut cette aura internationale ?

Au début des années 1970, lorsque les grandes industries papetières ont commencé à fermer les unes après les autres, la municipalité a eu la chance d’être choisie par les créateurs du premier salon de la bande dessinée, qui au fil du temps est devenu le Festival International de la Bande Dessinée. Cet évènement, qui accueille chaque année 6000 professionnels et 200.000 visiteurs venus du monde entier, a été le point de départ qui a permis de structurer l’identité moderne de la ville ainsi que toute son économie locale. Aujourd’hui, alors que le Festival s’apprête à célébrer son 50e anniversaire, la filière créative angoumoisine comprend non seulement la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, mais aussi une centaine d’entreprises spécialisées, une trentaine de studios, le premier fonds d’aide à la production d’animation, 15 écoles et tout un écosystème organisé par le Pôle Image Magelis, (un syndicat mixte composé de la Région, du Conseil départemental, de la ville et de la communauté d’agglomération du Grand Angoulême). Fin août, le Festival du Film francophone, créé par Marie-France Brière et Dominique Besnehard, attire aussi chaque année un public international de plus en plus nombreux. Les grands studios installés ici tissent quant à eux des liens étroits avec le Japon et l’Amérique du Nord. Au cœur du département de la Charente, Angoulême, qui a été désignée « ville créative » par l’Unesco il y a deux ans, est connectée au reste du monde et reconnue internationalement pour ses savoir-faire dans le secteur audiovisuel.

Cette filière image en plein essor a-t-elle un impact sur l’urbanisme et la qualité de vie des habitants ?

 Tout à fait, car elle soutient la dynamique économique, génère des emplois pérennes et attire de nouvelles entreprises qui permettent de développer de grands projets de rénovation urbaine. Depuis 2018, le programme gouvernemental « Action Cœur de Ville » a notamment permis de transformer le centre-ville en proposant des logements à tarifs abordables et en partant à la reconquête des nombreuses friches urbaines. Il y a deux ans, les locaux abandonnés d’une ancienne entreprise de tissus ont par exemple été rénovés par le Pôle Magelis pour accueillir l’École 42 de Xavier Niels, qui forme au codage. D’ici quelques semaines, trois grands locaux industriels situés entre la gare et le fleuve accueilleront chacun à leur tour le studio HARI, spécialisé dans la production de séries TV d’animation 3D, le studio Blue Spirit et Superprod, l’un des principaux producteurs européens indépendants. Le rythme est soutenu, mais nous savons pouvoir compter sur des partenaires de long terme comme Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels qui nous accompagne au quotidien.

À la veille des 50 ans du Festival International de la Bande Dessinée, que pouvez-vous nous annoncer pour les années à venir ?

 Ce mandat sera encore consacré au développement de la filière image, animation et jeux vidéo, ainsi qu’à la rénovation des friches urbaines. Dès le mois de janvier, les visiteurs du festival pourront d’ailleurs découvrir la rénovation éphémère de la Halle 57 de la SNCF, dans le quartier de l’Houmeau. Pendant le festival, elle sera transformée en une « Manga City » de plusieurs milliers de mètres carrés, où les passionnés pourront rencontrer les maitres de la discipline. Puis Philippe Barre, le fondateur de Darwin Bordeaux, la transformera en un lieu dédié à la culture urbaine. Cela représente encore une nouvelle étape dans le développement de nos infrastructures culturelles, qui participe au rayonnement d’Angoulême en France et dans le monde.

 

 

 

 

 

 

 

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